
L’observation est le point de départ de mon travail.
Observer un visage, une présence, une matière — puis chercher comment cette perception se transforme lorsqu’on change de technique, d’échelle ou de support.
Mon travail s’articule autour de la variation : un même sujet peut exister sous plusieurs formes, comme si chaque technique dévoilait une facette différente de la même identité. La variation n’est pas une dispersion ; c’est une méthode. Elle me permet d’approfondir ce lien entre représentation, émotion et mémoire.
Ma pratique est volontairement transversale. Je travaille aussi bien le dessin que la peinture, le trompe-l’œil, la dinanderie ou le volume, avec la même exigence artisanale. Les outils — stylo, pastel, Posca, encre, huile, acier battu — ne sont jamais décoratifs : ils sont des langages. Chacun produit une énergie particulière, un rapport différent au temps et au geste.
Mes influences vont des maîtres anciens à la culture visuelle contemporaine. De Piero della Francesca à Velázquez, de Goya à Warhol, j’hérite d’un regard à la fois sensible et construit sur l’humain.
Dans mes portraits et polyptyques, j’invite le spectateur à une rencontre silencieuse.
L’œuvre ne cherche pas à imposer un récit : elle ouvre un espace d’empathie, de projection, de souvenirs.
Dans mes sculptures, la tension entre la dureté du métal et la douceur des formes organiques prolonge cette recherche : comment une matière peut-elle, elle aussi, devenir lieu d’émotion ?
Mon travail reste ainsi en mouvement, nourri par l’observation, l’expérimentation et la volonté de relier la technique, la matière et l’humain dans un même geste.
